La Grèce dans le viseur de la controverse chanvre
Un nouveau pays européen s’apprête potentiellement à fermer ses portes aux fleurs de CBD. Fin avril 2025, le délai de consultation accordé aux professionnels grecs du secteur pour se prononcer sur un projet de loi restrictif est arrivé à échéance. Ce texte prévoit une interdiction générale de la commercialisation des fleurs de chanvre sur l’ensemble du territoire hellénique, relançant un débat qui agite depuis plusieurs années les institutions européennes et les marchés nationaux.
Un texte motivé par l’essor du “chanvre enivrant”
Selon les informations disponibles, l’initiative législative grecque serait en partie motivée par l’émergence de produits issus du chanvre dit “enivrant” — une catégorie encore peu encadrée juridiquement, qui regroupe notamment des dérivés comme le HHC, le H4CBD ou d’autres cannabinoïdes de synthèse ou semi-synthèse. Ces produits, commercialisés dans des circuits peu contrôlés — distributeurs automatiques, boutiques généralistes — auraient alerté les autorités sanitaires et législatives grecques.
Ce contexte rappelle les débats en cours aux États-Unis autour du “hemp-derived cannabis”, où la frontière légale entre chanvre industriel et cannabis récréatif est régulièrement contestée devant les tribunaux et les législatures d’État.
Une tendance qui dépasse les frontières grecques
Le précédent français et les hésitations européennes
La Grèce n’est pas isolée dans cette démarche. La France a elle-même traversé une période d’incertitude majeure entre 2021 et 2022, lorsqu’un arrêté ministériel avait tenté d’interdire la vente de fleurs et feuilles de CBD brutes, avant d’être suspendu par le Conseil d’État. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait par ailleurs rappelé, dans son arrêt Kanavape de 2020, que le CBD ne pouvait pas être assimilé à un stupéfiant au regard du droit communautaire — une décision de référence que les États membres ne peuvent ignorer.
D’autres pays comme la Suisse, l’Italie ou l’Autriche ont adopté des approches variables, oscillant entre tolérance encadrée et restrictions ponctuelles, sans jamais parvenir à une harmonisation à l’échelle de l’UE.
Un marché sous pression réglementaire constante
Pour les opérateurs du secteur, cette instabilité juridique représente un frein structurel au développement d’une filière qui pèse plusieurs milliards d’euros à l’échelle européenne. En l’absence de cadre harmonisé, chaque décision nationale crée des distorsions de concurrence et fragilise les investissements. Les acteurs grecs du chanvre, comme leurs homologues français ou italiens avant eux, se retrouvent dans une position d’attente inconfortable, sans visibilité sur les règles applicables à moyen terme.
Quelle suite pour le projet de loi grec ?
À ce stade, le texte n’a pas encore été adopté. La phase de consultation publique est terminée, mais le processus législatif suit son cours. Les professionnels du secteur, réunis au sein d’associations représentatives, auraient exprimé leur opposition à une interdiction qu’ils jugent disproportionnée et contraire aux principes du marché intérieur européen.
L’issue de ce bras de fer grec sera scrutée de près par l’ensemble de la filière continentale. Si la loi est adoptée en l’état, elle pourrait encourager d’autres États membres à emboîter le pas — ou, au contraire, provoquer un recours juridique susceptible de clarifier une fois pour toutes le statut des fleurs de CBD dans l’Union européenne.
Source : Newsweed.fr
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